AEROSOL: UN RISQUE TOUJOURS PRÉSENT

La  voie la plus fréquente d’ entrée d’ une pathologie   dans une ferme est représentée par   le porc porteur.  Le   seul contrôle de cette unique source de contamination ne résout pas le complexe problème de la protection de l’ équilibre sanitaire d’ un élevage.

Les pathologies peuvent rentrer  dans l’ élevage en parcourant d’ autres voies et  l’organisation d’une ligne de conduite en matière de bio-  sécurité  est l’ instrument indispensable pour préparer la première   ligne de  défense  en  effet pas toutes les voies sont contrôlables, donc l’ attention du responsable sanitaire doit se concentrer sur celles qui sont gérables.

La  transmission  par aérosol est   l’une des perspectives les plus troublantes dans le domaine de l’ épidémiologie des maladies: elle  est difficile à prévenir et trop souvent  ne peut pas être prévue à temps. L’ analyse des caractéristiques de ce  vecteur peut pourtant fournir des indications  utiles sur les possibilités de contrôle.

AEROSOL:  QU’ EST- CE QUE C’ EST?

Un aérosol est constitué par des parcelles  solides  ou liquides suspendues dans l’ air.



Une salle  à porcs avec 3 stations tournantes

Le Bio-aerosol est constitué par des parcelles  biologique suspendues che pouvant induire  chez les sujets  sains des allergies,  toxicosis ou d’autres effets non- désirés.

 À l’intérieur du Bio- aérosol on peut distinguer un sous-groupe particulier:  l’aérosol infectant, caractérisé par la présence d’agents pathogènes.

Tout processus de fragmentation  du matériel biologique  engendre de l’aérosol:  chez les animaux cela peut être représenté par de la toux ou   des éternuements. À leur tour  des jets d’urine et/ ou matières fécales libèrent des quantités  imposantes de parcelles suspendues.

La transmission par voie aérogène des maladies prévoit 3 moments fondamentaux:

AEROSOL: LE GUÊT – APENS EST DANS LA FERME

Ce risque semble limité par rapport à la transmission entre les élevages limitrophes, alors   qu’il est élevé en cas de propagation entre les fermes.

Des données provenant des études sur l’homme indiquent que chaque éternuement peut produire  2x106 parcelles suspendues dont   75% ont un diamètre inférieur à 2  microns, tandis qu’un toussotement en libère 9x105 dont 95% ont un diamètre inférieur à 2  microns.

Lorsque leur diamètre est inférieur  à 5 microns, ces parcelles peuvent véhiculer des microbes et atteindre directement les ramifications les plus  distantes du tronc respiratoire.

Cependant ces parcelles peuvent prendre aussi d’autres origines parmi lesquelles la distribution des engrais par nébulisation mérite  une mention particulière.

Dans des conditions  de champ, le risque de cohabitation dans  un milieu où la charge infectante est très élevée est très  commun:  des sujets cliniquement malades peuvent éliminer d’importantes quantités d’agents pathogènes qui augmentent la valeur de la pression infectieuse ambiante. la synthèse de nombreuses études sur  les caractéristiques de la charge microbienne « dosable»  dans  des élevages de porc indique des valeurs basculant entre 200- 300 microbes par colonie et quelques milliers de microbes par colonie / L.

D’autres recherches ont démontré  la corrélation  entre charge microbienne ambiante et les prestations productives et sanitaires de la ferme. En particulier il a été souligné que l’élimination du risque ambiant  non seulement  améliore les  performances d’élevage, mais il réduit le risque  de transmission aérogène  des maladies.

À son tour le transfert à distances des pathologies par voie aérogène se passe quand subsistent des conditions extérieures particulières. Par exemple  il est favorisé par la présence d’un climat  froid  et humide aussi que par des zones dépouillées. D’autres facteurs sont la contiguïté  avec de grands élevages ou l’emplacement des établissements productifs   dans des zones à haute densité animale.

VOYAGEURS  PATHOGÈNES DE L’AIR.

La transmissibilité par voie aérogène  n’a pas été démontrée pour toute maladie.  Il faut cependant souligner que dans des conditions de laboratoire il est extrêmement difficile de reproduire des situations de champs donc l’absence de preuves ne peut pas être  considérée  comme définitive.

ACTINOBACILLUS PLEROPNEUMONIAE On en a démontré la  transmissibilité à courte distance   ( 1 m°) L’INSPIRATION d’aérosol contenant 104 microbes  par colonies/ ml des souches bactériennes appartenant au biotype 1, serotype 2, 5 b et 6 a produit des lésions    de pneumonie hémorragiques- nécrotiques chez les sujets exposés. Avec le biotype 2 il a fallu élever la dose infectante à 109  microbes d’une même colonie pour produire des lésions équivalentes.

BORDERELLA BRONCHISEPTICA
La transmission par inhalation de micro- gouttes infectées semble possible.

PASTEURELLA MULTOCIDA
Souche bactérienne effectivement isolée   de l’aérosol des élevages atteints par la Rhinite atrophiante progressive.

ESCHERICHIA COLI
On a démontré expérimentalement la possibilité d’infections entre gorets logés dans des cages métalliques distantes de 1,5 mètres entre elles.

MYCOPLASMA HYOPNEUMONIAE
On a démontré plusieurs fois la transmission entre les élevages. Dans ce cadre la distance avec un élevage « positif» devient un facteur de risque significatif.  Dans de  telles circonstances, la distance critique entre les élevages  est estimée être moins de 3,2 km.

FIÈVRE APHTEUSE
La quantité d’excrétion virale d’un porc infecté en forme aiguë est 1500 fois plus élevée que celle produite par un bovin. cette quantité est identifiée en  108doses infectantes par jour. La survie du virus  dans un milieu est liée aux valeurs d’humidité relative ( optimale: >55-60%. Dans des conditions d’humidité relative de 60% on a calculé qu’à une vitesse de l’air de 10m/sec, le virus peut survivre si longtemps qu’il peut  se propager jusqu’à 100 km de distance.

MALADIE VESICULAIRE
On a isolé cet entérovirus pour 3 jours  d’échantillons d’aérosol  prélevés dans une étable à porcs où logeaient des porcs  exposés à une infection expérimentale.

ÉPIDERMITE  EXUDATIVE
L’agent infectant (Staphylococcus hjcus) a été isolé en grande quantité (2,5x104 corps bactériens/ m3) d’échantillons prélevés  dans des rayons infectés. La transmission aérogène semble possible, quoique pas démontrée.

PRRS
Actuellement on a démontré la seule transmission aérogène de l’Artérivus entre  des sujets distants d’un mètre.  Dans des conditions de champ, des recherches françaises fondées sur l’analyse des données  géographiques de fermes réunies dans une  unique zone  d’infection semblent suggérer que la possibilité d’infection  augmente quand la distance d’une zone d’infection est moins de 500 mètres.
À l’ occasion d’ une infection aux USA, Mengeling et ses collaborateurs ont démontré à leur tour la  présence de souches virales identiques dans des élevages distants de  32 km, en absence de  tout  autre facteur de gestion  commun entre les fermes ( remontée/ remonte nourriture, personnels,  conseillers).

L’ élimination du  virus par des sujets cliniquement malades est favorisée par la présence d’ infections coïncidentes  capables de produire  des toussotements et des éternuements plus fréquemment par rapport à la seule infection virale ( ex. Bordetella bronchiseptica).

PRCV
Le corona virus respiratoire est  aisément transmis par cette voie. Le risque qu’un élevage puisse être contaminé est directement proportionnel à la dimension de l’élevage « positif» plus proche.

GRIPPE  PORCINE
La capacité des virus grippaux (Orthomixovirus) de se propager par voie aérienne est connue  depuis longtemps. Dans des zones à haute densité   animalière, l’entrée  d’une nouvelle souche grippale  dans une seule  ferme  peut facilement engendrer une épidémie pour tous les établissements. L’infection se passe  plus fréquemment  dans des  conditions de basse humidité relative.

MALADIE  D’AUJESZKY
Malgré le fait que l’agent pathogène(Herpes virus) de la maladie d’Aujesky ne  soit pas  très résistant dans un milieu, la  transmission par voie aérienne est considérée comme une des  possibles causes.
En présence de conditions atmosphériques particulières (  de basses températures et des vents persistants) le virus peut dépasser des distances spatiales  remarquables et infecter de nouveaux élevages.
Récemment  on a relaté la reinfection de fermes situées  dans la  zone de frontière entre    le Danemark ( pays indemne) et l’Allemagne  en conséquence d’exceptionnelles conditions météorologiques qui ont favorisé la transmission du virus des élevages allemands aux danois.
Même aux USA  on a tenu la transmission par l’aérosol  pour responsable d’une épidémie qui a frappé une étendue géographique  de 150 km(  carrés) dans l’état de l’Indiana.

MALADIE DE GLASSER
L ‘agent pathogène (Haemophilus parasuis) est transmis aussi bien par contact que par élimination  aérogène. Cette dernière semble avoir  de l’importance seulement dans le cadre de la transmission entre fermes.

SALMONELLE SPP
Pour cette souche bactérienne  également la transmission par voie aérogène peut être retenue probable.

CONCLUSIONS

Le risque de transmission aérogène des  maladies doit être pris en compte, surtout  en ce qui concerne  l’intérieur des fermes.

Une  gestion  rigoureuse des étables  elles soient totalement vides ou totalement pleines, l’application des programmes  de désinfection, le contrôle du flux des porcs sont de  bonnes habitudes qui aident à neutraliser la charge infectante présente dans l’air.

Source: V. Sala, M. Terreni, D. Montesion, M.A. Beghian (1998)

En particulier, des interventions programmées de « bonification» en présence d’animaux tout en réduisant les poudres  assurent l’élimination de la charge microbienne ambiante, amenuisant le  risque de transmission aérogène des maladies et  allégeant les dépenses de médication.

Pour ses prérogatives d’efficience écologique et ses caractéristiques de non- toxicité pour les animaux et le personnel de l’élevage, la méthode privilégiée pour contrôler activement la charge infectante aérogène est le système désinfectant multiactif  comme par exemple Virkon S.

Une nébulisation efficace de l’air avec Virkon S se réalise en forme de spray fin avec une dilution idéale de 1:200 (0,5%), en respectant une mesure des gouttes entre 100 e 400 µ ainsi qu’un volume d’application d’1  litre tous les 100 mètres cubes d’espace.

Les résultats idéaux sont obtenus par  la réitération de la nébulisation 2-3  fois par jour  en cycles ininterrompus de 10-15 jours, selon les indications du vétérinaire. Un éventuel manque de main- d’ œuvre est suppléé par le recours à des systèmes d’ émission de liquide ou d’ air dotées de stations d’ atomisation tournantes à utiliser dans les grands cubages ou d’ appareillages  chariotés   de  nébulisation à sec modèle PROCHEMI  pour des interventions dans des surfaces plus petites.



L’ effet spray- sec obtenu avec  Air Jet System.